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Dividendes en SARL : fonctionnement, fiscalité, interdiction

13/01/2026
Jerôme BENAÏNOUS
dividendes en sarl

Dans une SARL, les dividendes correspondent aux bénéfices réalisés par la société qui sont distribués aux associés en fonction de leur quote-part au capital social. Cette redistribution des profits constitue un élément essentiel de la rémunération du risque pris par les associés.

La distribution de dividendes ne peut être décidée que lors d'une assemblée générale et doit respecter certaines conditions légales. Par exemple, il est obligatoire de constituer une réserve légale en attribuant au moins 5% des bénéfices jusqu'à atteindre 10% du capital de votre société. De plus, les dividendes doivent être versés aux associés dans un délai maximum de 9 mois après l'approbation des comptes. Cependant, certaines restrictions existent, notamment lorsque les capitaux propres sont inférieurs au capital social.

Concernant la fiscalité des dividendes en SARL, celle-ci varie selon le statut de l'associé. En effet, les dividendes sont soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30%, comprenant 17,2% de prélèvements sociaux et 12,8% d'impôt sur le revenu. Toutefois, un traitement fiscal particulier s'applique quand la quote-part dépasse 10% du capital. Par ailleurs, les dividendes sont considérés comme des revenus de capitaux mobiliers et peuvent être versés en numéraire ou en nature (actions).

Dans cet article, vous découvrirez tout ce que vous devez savoir sur le fonctionnement, la fiscalité et les interdictions liées aux dividendes dans votre SARL.

Sommaire :

Définition des dividendes en SARL et distinction avec la rémunération

Les dividendes en SARL représentent les sommes que l'assemblée générale annuelle des associés décide de répartir. En d'autres termes, il s'agit des parts de bénéfices reversés aux associés au prorata de leur investissement dans le capital social. Ces sommes correspondent précisément aux bénéfices de l'exercice diminués des pertes antérieures et des sommes à porter en réserve, puis augmentés du report bénéficiaire.

Différence entre dividendes et salaire du gérant

La distinction fondamentale entre dividendes et salaire repose sur leur nature même. Tandis que le salaire rémunère une activité professionnelle régulière, les dividendes représentent un retour sur investissement lié aux parts détenues dans la société. Cette différence influence directement le traitement fiscal et social de ces deux formes de revenus.

Par ailleurs, la temporalité constitue une autre différence essentielle. Le salaire garantit des versements mensuels fixes, alors que les dividendes dépendent des résultats annuels et nécessitent une décision collective des associés. Un exemple concret pour 100 000 € de rémunération brute montre qu'un salaire entraîne environ 45 000 € de charges pour la société, tandis que les dividendes subissent une flat tax de 30% après l'impôt sur les sociétés.

Il est également important de noter que les dividendes ne sont pas déductibles du résultat fiscal de la société, contrairement aux salaires. Avant d'être distribués, ces dividendes constituent les bénéfices de la société et sont donc soumis à l'impôt sur les sociétés (IS).

Dividendes vs patrimoine de la société

Il ne faut absolument pas confondre les dividendes avec le patrimoine de la société. En effet, il n'est pas possible de se servir dans le patrimoine de l'entreprise pour se verser des dividendes. Les dividendes proviennent uniquement des bénéfices réalisés et ne constituent pas une partie des actifs de la société.

De plus, les dividendes sont distincts de la restitution de parts du capital de la SARL. Ils représentent une rémunération d'une partie de l'investissement en capital et non un remboursement de celui-ci. Cette distinction est fondamentale car elle détermine le traitement juridique, fiscal et social de ces sommes.

Formes de versement : numéraire ou en nature

Les dividendes peuvent être versés sous différentes formes. Le plus souvent, ils sont payés en numéraire, c'est-à-dire en argent. Dans ce cas, lorsque le montant excède 1000 euros, il est nécessaire de procéder au versement par chèque ou par virement. Ce mode de paiement est le plus répandu en pratique car il intéresse particulièrement les associés qui recherchent un revenu pécuniaire.

Toutefois, ils peuvent aussi, plus rarement et sous certaines conditions, faire l'objet d'une remise de biens en nature ou d'actions nouvelles. Tous les types de biens peuvent être concernés : des marchandises, des fournitures, un fonds de commerce, des titres de placements financiers, et même des immeubles. Cette option présente l'avantage de limiter certains impacts sur la trésorerie de la SARL.

Pour qu'un paiement en nature soit valide, il doit être accepté par l'associé bénéficiaire et approuvé par les autres associés s'ils n'en perçoivent pas de leur côté. Lorsque tous les dividendes sont payés en nature, l'attribution des biens doit être proportionnelle aux droits des associés.

Conditions légales pour la distribution de dividendes en SARL

Pour procéder à une distribution de dividendes en SARL, plusieurs conditions légales doivent être scrupuleusement respectées. L'existence d'un bénéfice ne signifie pas automatiquement que celui-ci peut être distribué aux associés, car le cadre juridique impose certaines obligations préalables.

Libération du capital social

Avant toute répartition des dividendes en SARL, la loi exige que le capital social soit entièrement libéré. Cette condition fondamentale garantit que tous les associés ont effectivement apporté les fonds promis lors de la création ou de l'augmentation du capital de la société. Par ailleurs, les frais de constitution de la SARL doivent également être amortis.

Cette obligation protège à la fois les créanciers et les associés en assurant que la société dispose réellement des ressources financières correspondant à son capital déclaré. En effet, la distribution prématurée de bénéfices pourrait fragiliser la structure financière de l'entreprise si le capital n'était pas intégralement versé.

Constitution de la réserve légale (10 % du capital)

La réserve légale représente une obligation incontournable avant d'envisager la distribution de dividendes. Chaque année bénéficiaire, la SARL doit affecter au minimum 5% de son bénéfice net à cette réserve jusqu'à ce qu'elle atteigne 10% du capital social. Cette obligation est inscrite dans l'article L. 232-10 du Code de commerce.

Concrètement, une SARL avec un capital de 10 000 euros devra constituer une réserve légale de 1 000 euros. Si la société réalise un bénéfice de 5 000 euros, elle devra affecter au moins 250 euros à cette réserve. L'année suivante, avec un bénéfice de 20 000 euros, il suffira d'affecter 500 euros pour atteindre les 10% requis.

Cette mesure vise à garantir la stabilité financière de l'entreprise en constituant un "coussin de sécurité" qui peut être utilisé pour absorber d'éventuelles pertes futures. Toutefois, cette réserve reste indisponible pour les associés et ne peut jamais être distribuée.

Calcul du bénéfice distribuable : méthode comptable

Le bénéfice distribuable ne doit pas être confondu avec le simple bénéfice de l'exercice. Son calcul obéit à une formule précise définie par la loi :

Bénéfice distribuable = (Bénéfice de l'exercice - Dotations aux réserves légales et statutaires - Pertes antérieures) + Report à nouveau créditeur + Réserves distribuables

Pour déterminer précisément ce montant, il convient de vérifier plusieurs éléments comptables :

  • Le bénéfice total de l'exercice
  • Les éventuelles pertes des années antérieures
  • Les sommes destinées à la réserve légale
  • Le report bénéficiaire constitué par les bénéfices non distribués des années précédentes

Ce calcul garantit que la distribution ne compromet pas la santé financière de l'entreprise. En effet, il est parfois possible de distribuer des dividendes même après un exercice déficitaire si d'autres réserves sont disponibles.

Acompte sur dividendes : conditions et certification

Il est possible de verser des acomptes sur dividendes avant la clôture de l'exercice, mais cette procédure est strictement encadrée par l'article L. 232-12 alinéa 2 du Code de commerce.

Pour être valide, un acompte nécessite impérativement :

  • L'établissement d'un bilan intermédiaire montrant l'existence d'un bénéfice depuis la clôture du dernier exercice
  • La certification de ce bilan par un commissaire aux comptes (CAC)
  • L'approbation préalable des comptes de l'année précédente

Si la société ne dispose pas d'un CAC permanent, elle doit en nommer un spécifiquement pour cette opération. Cette exigence est absolue : aucun acompte sur dividendes n'est possible sans commissaire aux comptes.

Cette certification garantit que l'acompte provient bien d'un bénéfice réel et non de dividendes fictifs, dont la distribution pourrait engager la responsabilité du dirigeant. Le commissaire vérifie notamment que le bénéfice distribuable est au moins égal au montant de l'acompte envisagé.

Répartition des dividendes entre associés

La distribution de dividendes en SARL suit des règles précises quant à la répartition entre les différents associés. Comment ces sommes sont-elles attribuées et quelles options s'offrent aux associés pour personnaliser cette répartition?

Répartition proportionnelle aux parts sociales

En principe, le versement des dividendes en SARL s'effectue au prorata des parts sociales détenues par chaque associé dans la société. Par exemple, si un associé possède 30% des parts, il recevra une somme équivalente à 30% des bénéfices distribuables. Cette règle fondamentale garantit l'équité entre tous les associés en fonction de leur niveau d'investissement dans l'entreprise.

Par ailleurs, il est important de noter que la distribution doit se dérouler dans les 9 mois suivant l'assemblée générale annuelle. Concernant les modalités pratiques, lorsque le montant des dividendes est supérieur à 1.000€, le versement doit obligatoirement s'effectuer par chèque ou par virement bancaire.

Clauses statutaires dérogatoires

Toutefois, il existe des possibilités d'aménager cette répartition proportionnelle. En effet, vous pouvez prévoir une distribution différente entre les associés dans deux cas spécifiques:

  • Lorsqu'une clause dérogatoire est insérée dans les statuts de la SARL
  • Lorsque la modification est votée à l'unanimité des associés

Les statuts peuvent ainsi prévoir des répartitions inégalitaires qui favorisent certains associés, même minoritaires. À titre d'exemple, une jurisprudence a validé un cas où des parents détenant seulement deux parts sociales percevaient 80% du bénéfice, tandis que leurs enfants possédant 498 parts se partageaient les 20% restants.

Il est néanmoins formellement interdit d'inclure des clauses dites "léonines" qui priveraient un associé de tout droit aux bénéfices ou l'exonéreraient de toute contribution aux pertes. De telles clauses sont automatiquement réputées non écrites par la loi.

Dividendes exceptionnels : définition et cas d'usage

Les dividendes exceptionnels constituent une modalité particulière de distribution qui peut intervenir à tout moment de l'année, indépendamment de l'assemblée générale annuelle. En effet, toute assemblée générale peut décider de distribuer les réserves libres à n'importe quel moment.

En revanche, concernant le report à nouveau, seule l'assemblée générale ordinaire annuelle (AGOA) peut décider de sa distribution. Toute décision contraire s'exposerait à une nullité et pourrait même engager des poursuites pénales pour distribution de dividendes fictifs.

Dans certains cas, les statuts de la SARL peuvent prévoir des modalités particulières avec une répartition des bénéfices sur mesure, accordant davantage de dividendes (ou une priorité) à certains associés grâce à des parts sociales spécifiques. Cependant, la règle générale demeure la distribution proportionnelle à la détention du capital social.

Fiscalité des dividendes en SARL selon le statut de l'associé

La taxation des dividendes en SARL varie considérablement selon le profil de l'associé qui les perçoit. En effet, le régime fiscal applicable dépend non seulement du statut juridique du bénéficiaire, mais également de son niveau d'implication dans la gestion de la société.

PFU (Flat Tax) : taux et composition

Depuis 2018, les dividendes perçus par les personnes physiques sont soumis par défaut au Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU), communément appelé "flat tax". Ce prélèvement global s'élève à 30% et se décompose en deux parties distinctes :

  • 12,8% au titre de l'impôt sur le revenu
  • 17,2% pour les prélèvements sociaux

Ce mécanisme simplifié s'applique automatiquement sans nécessiter de démarches particulières. Néanmoins, si vous percevez moins de 50 000 € de dividendes annuels (pour un célibataire), vous pouvez demander une dispense de l'acompte de 12,8%.

Barème progressif de l'IR et abattement de 40 %

Par ailleurs, vous conservez la possibilité d'opter pour l'imposition selon le barème progressif de l'impôt sur le revenu. Cette option présente un avantage significatif : elle vous permet de bénéficier d'un abattement de 40% sur le montant des dividendes perçus avant application du barème.

Cette alternative peut s'avérer particulièrement avantageuse si votre taux marginal d'imposition est inférieur à 12,8%. Toutefois, notez que cette option s'applique alors à l'ensemble de vos revenus de capitaux mobiliers et plus-values de l'année concernée, sans possibilité de panachage.

Imposition des personnes morales soumises à l'IS

Lorsque l'associé est une personne morale soumise à l'impôt sur les sociétés, le traitement fiscal diffère considérablement. Dans cette configuration, les dividendes reçus sont intégrés au résultat imposable de la société bénéficiaire et soumis à l'IS au taux normal.

Cependant, le régime "mère-fille" permet, sous certaines conditions, d'exonérer 95% du montant des dividendes perçus. Pour en bénéficier, la société doit notamment détenir au moins 5% du capital de la SARL distributrice pendant un délai minimal de deux ans.

Cotisations sociales pour les gérants majoritaires

Pour les gérants majoritaires de SARL, la fiscalité des dividendes comporte une particularité importante : la fraction des dividendes excédant 10% du capital social, des primes d'émission et des sommes versées en compte courant est soumise aux cotisations sociales des travailleurs indépendants.

Cette disposition spécifique vise à éviter que les gérants majoritaires ne contournent les cotisations sociales en se rémunérant principalement par dividendes plutôt que par salaire. À noter que cette règle ne s'applique pas aux gérants minoritaires ou égalitaires, dont les dividendes demeurent entièrement qualifiés de revenus de capitaux mobiliers.

Interdictions et sanctions liées à une distribution illégale

La distribution de dividendes en SARL est encadrée par des règles strictes dont la violation peut entraîner des conséquences sévères. En tant que dirigeant ou associé, vous devez connaître ces limitations pour éviter toute irrégularité.

Interdiction de distribution en cas de capitaux propres insuffisants

Il est formellement interdit de procéder à une distribution de dividendes lorsque les capitaux propres de la société sont inférieurs à la moitié du capital social. Par ailleurs, cette interdiction s'applique également en présence de postes comptables spécifiques non encore amortis, notamment les "frais d'augmentation de capital", "frais de premier établissement" ou "frais de Recherche et Développement". En effet, distribuer des bénéfices dans ces situations fragiliserait dangereusement la structure financière de l'entreprise.

Dividendes fictifs : risques pénaux et civils

Les dividendes fictifs correspondent à des distributions effectuées sans inventaire préalable ou basées sur un inventaire frauduleux. Cette infraction expose le gérant à des sanctions pénales particulièrement lourdes : jusqu'à 5 ans d'emprisonnement et 375 000 € d'amende. Sur le plan civil, le dirigeant peut se voir interdire d'exercer sa profession, d'entrer dans la fonction publique ou de gérer une société commerciale. En outre, les associés ayant perçu ces sommes indues sont tenus de les restituer intégralement.

Prescription des dividendes non réclamés (5 ans)

Les dividendes non réclamés par un associé sont soumis à un délai de prescription de 5 ans à compter de la date de la décision de distribution. Ainsi, passé ce délai, l'associé perd définitivement son droit de réclamer ces sommes. Pour une SARL, les dividendes prescrits reviennent alors à la société elle-même, contrairement aux SAS et SA où ils sont acquis à l'État. Toutefois, certains statuts peuvent aménager ce délai, sans toutefois le réduire à moins d'un an ni l'étendre au-delà de 10 ans.

Conclusion

Au terme de cette analyse détaillée, nous constatons que les dividendes en SARL constituent un élément essentiel de rémunération pour les associés, tout en étant soumis à un cadre juridique et fiscal rigoureux. Effectivement, cette distribution représente le fruit des bénéfices réalisés par la société, mais nécessite le respect de conditions strictes avant toute répartition.

Premièrement, il est primordial de comprendre que ces dividendes diffèrent fondamentalement du salaire des gérants. Alors que le salaire rémunère une activité professionnelle régulière, les dividendes représentent un retour sur investissement lié aux parts détenues dans la société. Cette distinction détermine notamment leur traitement fiscal et social.

Par ailleurs, la distribution reste impossible sans libération complète du capital social et constitution de la réserve légale de 10%. De plus, le calcul précis du bénéfice distribuable s'avère indispensable pour éviter tout risque de distribution illégale. À cet égard, la mise en place d'un acompte sur dividendes exige impérativement la certification par un commissaire aux comptes.

Concernant la répartition, celle-ci s'effectue généralement au prorata des parts sociales détenues, bien que des clauses statutaires dérogatoires puissent modifier cette répartition proportionnelle. Néanmoins, les clauses "léonines" demeurent strictement interdites.

Sur le plan fiscal, le Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU) de 30% s'applique par défaut aux personnes physiques, avec toutefois la possibilité d'opter pour le barème progressif de l'impôt sur le revenu avec un abattement de 40%. Pour les gérants majoritaires, la vigilance s'impose puisque la fraction des dividendes excédant 10% du capital est soumise aux cotisations sociales.

Finalement, soyez particulièrement attentifs aux interdictions de distribution, notamment en cas de capitaux propres insuffisants. La distribution de dividendes fictifs expose à des sanctions pénales et civiles considérables, tandis que les dividendes non réclamés se prescrivent après 5 ans.

Ainsi, bien que les dividendes en SARL constituent un levier intéressant de rémunération, leur distribution doit résulter d'une analyse rigoureuse de la situation financière de votre entreprise et du respect scrupuleux des dispositions légales. Avant toute décision, consultez donc systématiquement votre expert-comptable afin d'optimiser cette stratégie tout en sécurisant juridiquement et fiscalement votre position.

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