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La holding passive : un levier fiscal efficace ?

24/02/2026
Jerôme BENAÏNOUS
la holding passive un levier fiscal efficace

Sommaire :

Qu'est-ce qu'une holding passive ?

Une holding passive est une société dont l'activité principale consiste à détenir et à gérer des participations dans diverses entreprises, sans jouer de rôle actif dans leur gestion. Cette structure d'investissement permet de centraliser les participations dans plusieurs sociétés sans s'impliquer activement dans leurs opérations quotidiennes. Contrairement aux holdings actives, elle se limite à regrouper des titres de participation, qu'il s'agisse d'actions ou de parts sociales, pour des raisons de simplification de gestion et d'optimisation de la fiscalité holding.

Le rôle de la holding passive se résume à une gestion patrimoniale des titres détenus. Elle n'emploie généralement pas de salariés et ne fournit aucun service aux sociétés filles. Son activité est purement civile, car elle se contente de gérer un patrimoine mobilier sans produire de services ou de biens. Cette caractéristique la distingue fondamentalement des structures opérationnelles qui exercent une activité commerciale ou industrielle.

La centralisation des titres en un seul endroit facilite la gestion globale du portefeuille et simplifie la structuration des flux financiers, notamment la remontée des dividendes. Cette forme de holding offre une structure simple et peu coûteuse à mettre en place. Elle est particulièrement adaptée pour les investisseurs qui souhaitent diversifier leurs investissements tout en limitant leur implication dans les opérations quotidiennes des entreprises concernées. En effet, la holding passive se comporte simplement comme un actionnaire au sein des entreprises dans lesquelles elle détient des participations.

L'objet social exclusif de cette structure consiste à détenir des participations au capital d'autres sociétés. Par ailleurs, elle peut servir à organiser un projet de transmission patrimoniale, notamment dans un cadre familial, en transmettant les parts de la holding plutôt que celles des sociétés opérationnelles. Les entrepreneurs peuvent opter pour une société civile ou une société commerciale lors de la création de leur holding passive. Une société civile présente l'avantage de ne pas être soumise à l'obligation de dépôt de ses comptes annuels auprès du greffe du tribunal de commerce, bien que la responsabilité des associés ne soit pas limitée au montant des apports.

Holding passive ou active : quelle différence fiscale ?

La distinction entre holding passive et holding active représente un enjeu majeur dans la structuration fiscale des groupes de sociétés. Cette classification détermine l'accès à certains dispositifs fiscaux avantageux et conditionne le traitement fiscal applicable à la structure et à ses actionnaires.

La holding passive : une structure purement financière

La holding passive se caractérise par l'absence totale d'activité économique propre. Son rôle se limite strictement à percevoir des dividendes, à détenir des titres et éventuellement à participer aux décisions stratégiques en tant qu'actionnaire. Cette structure n'émet aucune facture, ne dispose d'aucun personnel et ne rend aucun service à ses filiales. Elle se comporte comme un investisseur financier sans intervenir dans le pilotage quotidien des sociétés détenues.

Le code APE attribué à la holding passive correspond au 6420Z, reflétant son activité de détention de participations financières. Cette classification administrative confirme son caractère purement patrimonial. Par ailleurs, elle peut porter un emprunt dans le cadre d'un montage de type LBO et utiliser les dividendes pour rembourser la dette d'acquisition, sans que ce seul remboursement ne constitue une activité suffisante pour la qualifier d'active.

En matière de fiscalité, la holding passive rencontre des limitations importantes. Elle n'est pas assujettie à la TVA puisqu'elle ne réalise aucune opération imposable. En conséquence, elle ne peut récupérer la TVA sur ses dépenses, ce qui représente un désavantage financier non négligeable. De plus, elle reste exclue de nombreux régimes fiscaux de faveur réservés aux structures exerçant une activité économique réelle. La CVAE ne s'applique pas aux holdings passives du fait de l'absence d'activité imposable.

La holding active : une implication opérationnelle valorisée fiscalement

À l'inverse, la holding active combine la détention de titres avec l'exercice d'une activité propre, généralement facturée aux filiales. Elle participe activement à la conduite de la politique du groupe, contrôle ses filiales et rend des services spécifiques de nature administrative, juridique, comptable, financière ou immobilière. Cette structure dispose de moyens humains et matériels adaptés et perçoit des recettes en contrepartie des services rendus. Le code APE attribué correspond au 7010Z, indiquant une activité d'animation de groupe.

L'administration fiscale considère qu'une holding est active lorsqu'elle rend effectivement des prestations aux filiales avec des moyens propres et dans le cadre d'une rémunération. Toutefois, la jurisprudence précise que le simple fait qu'un dirigeant de la holding exerce également une fonction de direction dans ses filiales ne suffit pas à établir une animation effective du groupe.

La qualification de holding active ouvre l'accès à plusieurs avantages fiscaux déterminants. En matière de TVA, elle peut récupérer la taxe sur ses charges de fonctionnement si elle facture des prestations soumises à TVA à ses filiales, ce qui peut représenter jusqu'à 20% d'économies sur certaines dépenses. La holding active bénéficie également du Pacte Dutreil permettant un abattement de 75% sur la valeur des titres transmis dans le cadre d'une succession ou d'une donation. Les biens immobiliers affectés à l'activité opérationnelle peuvent être exonérés d'IFI. Les apports en capital peuvent bénéficier d'une réduction d'impôt sur le revenu de 18% via le dispositif Madelin. Enfin, un abattement de 500 000€ sur les plus-values de cession de titres s'applique lors du départ à la retraite de l'entrepreneur.

Les avantages fiscaux de la holding passive

Malgré ses limitations fiscales, la holding passive bénéficie de mécanismes d'optimisation fiscale qui en font un outil patrimonial performant. Ces dispositifs permettent de réduire la charge fiscale au niveau du groupe tout en facilitant la gestion centralisée des flux financiers.

Le régime mère-fille pour optimiser les dividendes

Le régime mère-fille constitue le principal avantage fiscal de la holding passive. Ce dispositif permet une exonération de 95% des dividendes remontés par les filiales à la société mère. Seule une quote-part forfaitaire de 5% est réintégrée dans le résultat imposable au titre des frais et charges. Pour une société soumise à l'impôt sur les sociétés au taux normal de 25%, l'imposition effective des dividendes perçus s'établit à 1,25%.

L'accès au régime mère-fille est conditionné à la détention d'au moins 5% du capital social de la filiale. Les titres doivent être conservés pendant une période minimale de deux années. La société mère et la filiale doivent toutes deux être assujetties à l'impôt sur les sociétés. Les titres détenus doivent revêtir la forme nominative. Ce régime permet d'éviter la double imposition des bénéfices, qui auraient déjà supporté l'IS lors de leur réalisation par les sociétés filiales.

L'intégration fiscale pour compenser les résultats du groupe

Le régime d'intégration fiscale permet à une société mère de se constituer seule redevable de l'impôt sur les sociétés pour l'ensemble des sociétés du groupe. Ce dispositif autorise la compensation des déficits réalisés par une filiale avec les bénéfices des autres entités du groupe. L'économie d'impôts générée correspond approximativement à un tiers des frais financiers dans les opérations de LBO.

Pour bénéficier de ce régime, plusieurs conditions doivent être remplies. Les sociétés du groupe doivent être détenues, directement ou indirectement, à hauteur de 95% ou plus par la société mère. Toutes les entités doivent être assujetties à l'impôt sur les sociétés. Les exercices des sociétés du groupe doivent avoir une date d'arrêté commune et une durée de 12 mois. L'option doit être demandée par la mère avant le début de l'exercice et reste valable 5 ans renouvelables.

L'intégration fiscale se combine avec le régime mère-fille en réduisant la quote-part imposable de 5% à 1% seulement. Cette exonération à hauteur de 99% des dividendes entre sociétés intégrées renforce l'optimisation fiscale globale.

Une transmission patrimoniale facilitée

La holding passive simplifie le transfert de parts sociales au sein d'un groupe familial. La transmission des titres de la holding s'avère plus facile et peut bénéficier d'avantages fiscaux en matière de droits de succession. La valeur des titres transmis se trouve réduite en présence d'un endettement, le passif étant pris en compte dans la détermination de la valeur basée sur l'actif net réévalué.

La donation de la nue-propriété des titres aux enfants, les parents conservant l'usufruit, permet de réduire l'assiette des droits de donation. Cette valeur dépend de l'âge du donateur et correspond à la moitié de la valeur en pleine propriété pour un donateur âgé entre 51 et 60 ans.

Un levier d'emprunt pour financer la croissance

La holding passive dispose d'une capacité d'emprunt accrue grâce à la consolidation des actifs et des revenus des filiales. Dans les montages de type LBO, la holding contracte un emprunt bancaire pour acquérir une société cible. Les dividendes remontés par la filiale, quasi-défiscalisés grâce au régime mère-fille, servent à rembourser la dette d'acquisition. Les intérêts de ces emprunts peuvent être déductibles fiscalement, optimisant ainsi les coûts de financement.

Les limites fiscales de la holding passive

Les contraintes fiscales associées à la holding passive limitent son attractivité dans certaines configurations patrimoniales. Ces restrictions découlent directement de l'absence d'activité économique propre et de la nature purement financière de cette structure.

Holding passive TVA : pas de récupération possible

La holding passive demeure exclue du champ d'application de la TVA. Cette exclusion s'explique par l'absence d'opérations imposables dans son activité. La gestion de titres, l'administration de participations financières et la perception de dividendes constituent des opérations hors du champ de la TVA. Les dividendes perçus ne peuvent être considérés comme une rémunération de services de gestion, car ils résultent de la simple détention de participations sans lien avec une quelconque activité économique.

Par conséquent, la holding passive ne collecte aucune TVA sur ses opérations et ne peut donc déduire la TVA sur ses achats ou frais de fonctionnement. Le coefficient de déduction applicable à l'activité de détention de titres s'établit à zéro. Cette impossibilité de récupération s'applique à l'ensemble des dépenses courantes, incluant les honoraires d'expertise comptable, les frais de conseil juridique ou les coûts liés aux logiciels de gestion. En revanche, une holding active facturant des prestations soumises à TVA à ses filiales peut récupérer la TVA sur ces mêmes charges.

Exclusion du pacte Dutreil

Seules les sociétés opérationnelles et les holdings animatrices bénéficient de l'exonération Dutreil lors d'une donation ou d'une succession. Les holdings passives restent exclues de ce dispositif en raison de l'absence d'activité opérationnelle. L'exonération de 75% sur les droits de mutation pour les titres transmis gratuitement ne s'applique donc pas à l'ensemble de leur valeur.

Néanmoins, une application partielle du Pacte Dutreil demeure possible sous certaines conditions. Seule la fraction représentative de la valeur des filiales opérationnelles bénéficie de l'exonération, les actifs patrimoniaux détenus par la holding passive en restant exclus. La détermination de la fraction éligible s'effectue selon la formule suivante : valeur des titres de la société interposée multipliée par le rapport entre la valeur des titres soumis à l'engagement et la valeur vénale de l'actif brut. Par ailleurs, l'abattement de 300 000 € applicable lors d'une donation à un salarié en CDI ou à un apprenti ne s'applique pas en présence d'une holding passive.

Absence d'abattement sur les plus-values de cession

Les dirigeants cédant les titres d'une holding passive ne peuvent prétendre aux abattements sur les plus-values de cession accordés lors d'un départ à la retraite. Ce dispositif demeure réservé aux dirigeants de sociétés opérationnelles ou de holdings animatrices. L'imposition s'effectue donc sans réduction particulière, contrairement aux holdings actives dont les titres peuvent bénéficier d'un abattement de 500 000 € dans ce contexte spécifique. De plus, les actifs immobiliers détenus par la structure restent soumis à l'IFI, n'étant pas considérés comme des biens professionnels.

Fiscalité holding passive : les régimes à maîtriser

L'application des régimes fiscaux spécifiques à la holding passive requiert une compréhension précise de leurs mécanismes opérationnels et de leurs modalités d'imposition. Ces dispositifs structurent la fiscalité des flux financiers au sein du groupe.

Le fonctionnement du régime mère-fille

Le régime mère-fille repose sur l'exonération à 95% des dividendes perçus par la holding passive de ses filiales. La quote-part de frais et charges imposable s'établit à 5% du montant total des dividendes, crédit d'impôt compris. Cette quote-part forfaitaire est réintégrée dans le résultat imposable de la société mère, même en l'absence de frais effectifs liés à ces dividendes.

L'application du régime exige que la société mère détienne les titres en pleine propriété ou en nue-propriété. Les titres doivent représenter au moins 5% du capital social de la filiale, concernant tant les droits aux bénéfices que les droits au vote. La conservation des titres pendant un délai de deux ans constitue une obligation, bien que l'option pour le régime puisse être exercée avant ce délai. Néanmoins, l'exonération ne devient définitive qu'à l'issue de cette période de détention.

Sur le plan comptable, les dividendes exonérés font l'objet d'une déduction extracomptable sur la liasse fiscale, tandis que la quote-part de 5% est réintégrée extracomptablement. L'option pour ce régime doit être notifiée annuellement par la société mère à l'administration fiscale via une mention sur la liasse fiscale lors de la déclaration de résultats.

L'intégration fiscale en pratique

Le régime d'intégration fiscale centralise l'imposition au niveau de la société mère, qui devient seule redevable de l'impôt sur les sociétés pour l'ensemble du groupe. Chaque filiale établit son propre résultat fiscal individuel et sa liasse fiscale, puis transmet ces éléments à la société mère. La société mère agrège ensuite ces résultats pour déterminer le résultat fiscal global du groupe avant de procéder à une déclaration fiscale unique.

En matière de dividendes, l'intégration fiscale réduit la quote-part imposable à 1% du montant des produits de participations perçus par la société mère, contre 5% en régime mère-fille classique. Cette exonération à hauteur de 99% des dividendes s'applique aux produits de participations perçus par les sociétés membres du groupe provenant d'autres sociétés membres de ce groupe.

La gestion des dividendes et leur imposition

Lorsque la holding passive redistribue les dividendes à ses associés, ces derniers choisissent entre le prélèvement forfaitaire unique au taux de 30% ou l'imposition au barème progressif de l'impôt sur le revenu. Le prélèvement forfaitaire unique comprend 12,8% d'impôt sur le revenu et 18,6% de prélèvements sociaux. L'option pour le barème progressif peut s'avérer avantageuse pour les contribuables dont la tranche marginale d'imposition reste inférieure à 12,8%.

La holding passive est-elle un levier fiscal efficace pour votre situation ?

L'opportunité de créer une holding passive dépend fondamentalement des objectifs patrimoniaux et fiscaux poursuivis par les dirigeants. Cette structure s'adresse en priorité aux entrepreneurs souhaitant regrouper leurs titres pour simplifier la gestion patrimoniale, percevoir les dividendes de leurs filiales et organiser une transmission future. Elle offre une solution simple à gérer, peu coûteuse et adaptée à une logique d'investissement à long terme.

La holding passive présente un intérêt particulier pour sécuriser les actifs en cloisonnant les risques. En cas de difficultés financières d'une filiale, les autres entités et le patrimoine personnel demeurent protégés. Cette séparation patrimoniale constitue un argument déterminant dans les secteurs à risques élevés ou lors de la détention de plusieurs activités distinctes.

Sur le plan financier, l'interposition d'une société holding entre l'associé personne physique et la société filiale permet une remontée des dividendes beaucoup moins imposée que si cet associé avait perçu les fonds à titre personnel. Pour un bénéfice réalisé de 100, les fonds disponibles en direct s'établissent à 70, contre environ 99 via une société holding. La capacité de réinvestissement s'en trouve considérablement améliorée, avec un montant net pouvant atteindre 98,75 ou 99,75 selon le régime fiscal appliqué.

La mise en place de conventions de trésorerie permet de gérer de manière centralisée les finances des différentes filiales, optimisant ainsi les ressources financières et facilitant les investissements internes. La capacité d'emprunt accrue facilite notamment l'acquisition de sociétés. Les dividendes des filiales servent alors à rembourser les emprunts contractés.

Pour les dirigeants de PME, la holding passive représente un outil polyvalent accessible, offrant des avantages multiples bien au-delà de l'optimisation fiscale. Elle facilite l'accès à des financements pour acquérir de nouvelles sociétés ou accélérer le développement des activités actuelles.

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